Un week-end épuisant, mais heureusement un jour férié en milieu de semaine pour récupérer. Malheureusement, il sera épuisant lui aussi
J’ai eu la chance cette semaine de pouvoir commencer à gouter à quelques aspects de la culture péruvienne en deux soirées. On va donc parler un peu de danse, de musique. Et puis comme d’habitude un peu de surf et quelques photos. Un blog assez consistant pour rattraper celui tout chétif de la semaine dernière.
Musiques et danses créoles au Pérou
La soirée de vendredi soir se passera dans une peña, un type de bar/restaurant où les gens se réunissent pour écouter, jouer et danser la musique traditionnelle péruvienne. La peña où nous sommes allés c’est en gros une petite scène où l’on peu entasser 4 ou 5 musiciens, une petite piste de danse aménagée entre les tables et une cinquantaine de personnes de bonne humeur, attentives, actives. On est restés environ 5 heures là-dedans, à écouter de la musique à mi-chemin entre les caraïbes et le Pérou, à observer les changements de musiciens, des fois au cajon, des fois aux congas, d’autres fois au chant ou aux bongos ou à la guitare, à regarder les danseurs se succéder sur différents types de danse : valses endiablées, marinera (voir plus bas), danse « de la bougie » (ce n’est pas son vrai nom mais la danse consiste à essayer de mettre le feu aux fesses de son ou de sa partenaire, du moins au morceau de papier qui y est attaché, à l’aide d’une bougie), claquettes, …
Les auteurs de RicoPeru disent de la marinera :
« C’est certainement la plus belle et élégante des danses péruviennes. Le nom de la Marinera est né d’un hommage à Miguel Grau, héros naval du Pérou. C’est un mélange de diverses autres danses aujourd’hui presque oubliées.
La Marinera « parle » de la séduction simultanée d’un couple faisant tournoyer un mouchoir blanc de la main droite. Ce mouvement sert à porter le rythme de la complexe chorégraphie de cette danse. La Marinera est connue pour ses pas assez caractéristiques qu’on appelle le « coqueteo » (disons la séduction) avec tournoiements et changements de la posture du corps, combiné aux habiles trépignements des pieds.
Il y a différents styles de Marinera et chacune se danse avec des tenues typiques suivant la région, mais la plus célèbre est celle qui est fêtée au Festival de Trujillo. C’est une danse de séduction et non de contact, elle est assez difficile car très synchronisée, mais on y prend vite goût. »
Après quelques heures et quelques bières, nous avons quand même dansé un tout petit peu sur une valse, histoire de ne pas rentrer sans avoir un peu participé à la soirée. C’est d’ailleurs à la suite de cette danse, alors que nous allions partir, que Freddy (un personnage-musicien-danseur de la peña) nous a pris à part et nous a enseigné quelques pas de base pour danser la valse à la mode du Pérou. Une très belle fin de soirée que celle-ci, répéter des pas de valse dans les ruelles animées à 4h30 du matin en revenant de la peña puis se diriger lentement vers la maison, pour y gouter un sommeil intense …
… intense mais bref …
Levé 9h (!) avec pour objectif d’aider un ami à s’équiper pour surfer. On a sillonné Lima à la recherche d’une planche d’occasion et d’une combinaison jusqu’en début d’après-midi. Et puis on a été surfer 2 heures en ville, histoire de se mettre à l’eau pour inaugurer sa belle combinaison toute neuve.
17h30, on sort de l’eau en vitesse, pas le temps de prendre une douche, puis on se met à la recherche d’un taxi pour aller à une pollada (soirée à base de poulet et de bière) à Zapallal, un quartier des banlieues lointaines au nord de la ville. On fini par trouver, à 5 + le chauffeur, on fonce dans la nuit, embouteillages, pollution, les lumières des « pueblos jovenes » (lit. jeunes villages, les bidonvilles) qui colonisent les cerros (collines), les minibus bondés.
On arrive sur place, 5 gringos dans ce quartier modeste, où vit Leandro, un des jeunes employés-créateurs de l’atelier Misericordia (www.misionmisericordia.com). Le temps de téléphoner pour trouver la maison, de se planter, de retéléphoner pour qu’il vienne nous chercher et nous voilà dans sa maison, la chaine hifi qui diffuse la cumbia et d’autres genres de musiques bien d’ici. Après un plat de pieds de poulet commandé en lieu et place d’un plat de cuisses par une petite erreur de vocabulaire (respect Camille), quelques bières se vident, les danses se succèdent, les éclats de rires face aux styles peu académiques des européens dansant maladroitement les salsas et les cumbias et une ambiance magique dans un lieu simple, des personnes généreuses, quelque chose qui manquait à ce début de voyage au Pérou.
Au passage on suivra un peu la procession du jour final du « Señor de los Milagros » (cf blog précédent), moment beaucoup plus intime et intense qu’au centre de Lima puisque ce ne sont pas des dizaines de millier de personnes qui se bousculent pour apercevoir la statue, mais seulement une trentaine d’habitants du quartier qui forment le cortège, accompagnés par un ensemble de cuivres et tambours.
J’ai vraiment regretté de ne pas avoir mon appareil photo – dictaphone, je m’en veux à un point !!! On rentrera sans encombre avec un taxi, fonçant de nouveau dans la nuit pour nous ramener vidés et heureux à 2 heures du matin. C’était vraiment bien, je me suis vraiment senti au Pérou ces deux soirées, pas dans un pays vaguement européen ou américain. J’avais vraiment besoin de ça.
Se reposer ? Pas le temps, faut aller apprendre à surfer.
Dimanche 9h, levé tôt pour aller à la plage se caler quelques belles vagues sous la planche de surf. En 1h30, j’ai pu prendre 3 vagues. Dont 1 était vraiment fantastique, une taille bien pour moi, environ 2m, elle a déroulé super longtemps, j’ai du rester 30 ou 40 secondes debout sur ma planche, c’était bien. Et puis après je suis rentré jusqu’à la plage avec une autre vague, encore 40 secondes de surf, avec un type debout aussi qui rentrait à la plage, on s’est regardé avec un sourire jusqu’aux oreilles
En moyenne, les vagues d’ici sont vraiment plus longues que les vagues en France et le plaisir n’en est que plus grand.
Mercredi 8h, le 1er novembre est un jour férié ici aussi, nous allons tenter de retourner à Puerto Viejo (cf. blogs du début). Résultat : j’ai la gueule toute cramée avec une belle trace de combinaison dans le cou, j’avais oublié ma crème solaire. L’océan était déchainé, un courant de fou (donc impossible de se placer comme il faut), environ 2m50 de vagues épaisses, des masses d’eau, pas comme dimanche dernier où le 2m – 2m50 était beaucoup moins épais. Bref, un bon exercice pour le physique, un combat qui d’ailleurs aura laissé la trace de ma planche sur ma tempe, une bonne grosse bosse. J’ai pu surfer une seule vague, pas très grosse mais déjà sympa et puis longue. L’océan a encore gagné. Le soir à 21h30 j’étais couché !
Questions/réponses
- Arggggg des pieds de poulets ???!!!! madre de dios….moi j’aurais pas pu !! mais ça ressemblait à des pattes de poulets ??? ça doit être tout élastique ce truc à bouffer non ?
- Héhé, c’est pas très bon en effet. Ce sont trois doigts composés dans l’ordre d’une couche de peau, d’une couche de gras et d’une couche d’os. Donc il n’y a rien à bouffer (même si il faut le bouffer quand même). Mais ça donne du goût à la sauce dans laquelle ça cuit. C’est pas mauvais au final mais il ne faudrait pas manger les pieds.
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