Cette semaine nous continuons le périple dans la région d’Arequipa, cette fois-ci en direction de la réserve de Salinas à la découverte d’un haut plateau perché à environ 4100m, de ses habitants et des emblématiques alpacas. J’en ai pris plein les yeux, j’espère que j’aurais su transcrire cette claque visuelle avec mes images. Bon voyage.
Préparatifs
Pour un voyage de ce type, la carte est très importante. Le mieux est de la prendre à Lima par avance à l’I.G.N., mais cela n’a pas été possible cette fois-ci à cause des fêtes. Nous avons quand même trouvé notre bonheur dans une petite librairie de la rue San Francisco près de la plaza de armas. Une carte à l’échelle 1 :250 000e suffit pour une balade en voiture. Bien sûr, la carte ne sert à rien sans boussole, altimètre et quelques connaissances de base sur la cartographie et l’orientation. A noter tout de même que la carte date de 1998, que de nombreux villages sont apparus, que des routes principales sont à l’abandon et que de nouvelles routes ont été créées.
Deuxième pré-requis, une voiture en bon état, qui ne va pas vous lâcher au milieu de nulle-part. Et malheureusement, notre fidèle Paco avait besoin d’un petit séjour chez le mécano. Au final, un agréable moment à discuter pendant qu’il soudait le pot d’échappement et mis à profit pour effectuer les derniers achats : nourriture, bouteilles d’eau en bonne quantité (ne pas hésiter à surévaluer sa consommation car en altitude on boit beaucoup).
En route vers les sommets
Une fois sortis du noyau d’Arequipa, par l’Est en suivant l’avenue Jesus, nous commençons à monter doucement à travers des banlieues pauvres qui peu à peu laissent place à la campagne. Puis nous trouvons sur notre gauche l’embranchement qui mène au village de Chiguata.
Tout droit la route goudronnée s’arrête pour devenir une bonne piste de terre, montant doucement vers le plateau de Salinas. Malheureusement, nous sommes partis assez tard, nous n’aurons pas la chance d’avoir de beaux points de vue sur la ville ou sur le Misti.
Au retour, nous nous apercevrons que presque tous les embranchements secondaires sont des raccourcis aux lacets qu’on peut emprunter en 4×4. Il faut quand même savoir que pour 40km à vol d’oiseau, on en parcourt une bonne centaine à cause des lacets … Bon à savoir, surtout à la descente (les raccourcis sont quand même raides par endroits).
Une nuit à la fraiche
Nous approchons de la laguna, le brouillard et la nuit sont tombés et la progression se fait maintenant à la boussole et à l’altimètre. Il existe une multitude de pistes plus ou moins parallèles qui mènent toutes au même endroit … ou pas … Nous trouvons un joli petit coin abrité pour dormir et ayant bien avancé, nous décidons qu’on devrait en profiter. La tente est montée, les nouilles chinoises avalées, la viande emballée dans les sacs de couchage. L’altitude et le froid rendront la nuit plutôt courte, dormir par tranches de 20 minutes, se réveiller mort de soif, … Nous aurons quand même droit à un superbe paysage découvert au milieu de la nuit, sous la pleine lune, nous laissant espérer une matinée ensoleillée.
Une matinée magnifique
Après s’être rendus compte qu’on ne dormirait pas beaucoup plus, nous avalons un thé sur le coup des 5h30 et nous repartons vers un endroit sympa pour petit déjeuner. La brume est revenue, on n’y voit rien, qu’est-ce qu’on est venus faire dans ce merdier. Les premiers alpacas apparaissent, c’est une ferme, le fermier nous assure qu’il va faire beau vers 9h, encore une heure et demie à patienter, nous petit-déjeunons.
Et c’est à partir de 9h que le ciel bleu nous apparait comme par miracle. Le spectacle du paysage est grandiose, on s’enfonce sur une petite route pour aller voir un troupeau d’alpacas, tout devient magique. Nous partons ensuite de la laguna pour faire route en direction du volcan Ubinas. Sur la route, nous prenons en stop une vieille dame qui garde les alpacas. Dans ces endroits désertiques et étendus, la solidarité est une valeur importante.
Tintin sur la lune
Quand on est auvergnat, on se sent à la maison sur les volcans
Mais celui vers lequel nous nous dirigeons est un peu différent : son sommet culmine à 5600m, pas si grand finalement en comparaison des volcans de la région (par exemple le Misti à 5822m, le Chachani à 6057m, Coropuna à 6425m), mais surtout il est actuellement en éruption. Il a craché des nuages de cendre de 5 à 9 kilomètres de haut en avril/mai 2006. Toujours est-il qu’on peut effectuer une approche en 4×4 jusqu’à 4900m d’altitude, l’occasion de devoir pour la première fois enclencher la vitesse « 4L », celle qui sert à franchir les pentes raides, quelques passages étaient assez impressionnants. Faute de temps et d’acclimatation, nous avons du renoncer à faire le sommet cette fois, mais ce n’est que partie remise.
Anciennes routes et nouvelles pistes
Pour rester dans l’esprit de découverte et exploiter la liberté procurée par la voiture, nous décidons de rentrer vers la laguna par ce qui nous a semblé être l’ancien accès au village d’Ubinas depuis l’ancienne route vers Puno.
Nous nous arrêtons pour déjeuner près de ruines, en plein milieu du plateau, quand survient une rencontre : le gardien d’alpacas est assis, pris dans ses pensées, les alpacas se gardaient seuls. Alors nous l’avons invité à partager notre repas de fête (des spaghettis au pesto et des mangues, 4 étoiles ce jour là) en discutant de sa vie quotidienne, de ma motivation pour mes voyages, etc. Il avait faim, les conditions de vie sont rudes sur le haut plateau.
Avant de partir j’ai quand même voulu lui demander de poser quelques instants pour ma mémoire, pour que je puisse mettre une image sur son nom quand je raconterais son histoire. Il a accepté gentiment puis on l’a déposé quelques centaines de mètres plus loin, avec son baluchon et son petit sac plastique contenant le reste de pates pour le diner.
Retour à Arequipa
C’est sur cette rencontre que nous repartons vers Arequipa, s’arrêtant ci et là pour quelques photos. Quitter les 4100m du plateau redonne vie à Benjamin, un peu patraque depuis notre montée sur Ubinas.
Remettre un pied dans la civilisation
Nous revoilà dans la « civilisation », nous y remettons un pied, le gauche, il parait que ça porte bonheur. Les taxis, le bruit, la pollution, la foule, le gris, les lumières. On était bien sur le plateau.
La semaine prochaine
La semaine prochaine je vous parlerai de la dernière partie de notre voyage, une excursion de 3 jours au canyon du Colca en retrouvant une ancienne route. Patience…
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