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En route pour Goa !


L'itinéraire 23 décembre 2003

  • Bangalore - Tumkur - Davangere
  • 266 km
  • 5 heures

24 décembre 2003

  • Davangere - Londa - Margao - Palolem
  • 349 km
  • 10 heures


Highway Chile

Mardi 2 janvier, 11h, après avoir lutte tout lundi pour tenter de me procurer des pièces détachées de secours et quelques outils manquants, je prends enfin la direction de Goa. La sortie de Bangalore ne se fait pas sans mal, circulation monstre, pollution, bouchons, la ville semble tout faire pour nous retenir et nous asphyxier. Enfin sur la NH-4, le projet d’autoroute pour relier Bangalore a Poona (ou peut être même Mumbay), le compteur se cale sur 80, les arbres défilent, le peu de circulation laisse enfin envisager un paisible voyage. Le paysage urbain puis les banlieues ont maintenant laisse place a la campagne. Sur les 4 voies prévues, deux seulement sont ouvertes et les deux autres sont en travaux. C’est comme ça en alternance, un coup a droite un coup a gauche, des fois nous circulons comme sur deux nationales parallèles, des gens viennent dans les deux sens, des deux cotes de la route, anarchie acceptée par tous.

Mauto-portrait **

Sur le bord de l’autoroute les carcasses de camions rappellent qu’il ne fait pas bon rouler la nuit par ici. Puis viens encore une carcasse sur le cote oppose, différente, le chauffeur gît sur le volant, mort, personne ne semble bien réagir. Les deux passagers ou les mécanos semblent bien vivant assis sur le bas cote, ils discutent. Je poursuit ma route en acceptant cela, encore une surprise a l’indienne. Des qu’on prend la route on doit s’attendre a de telles choses.

Approchant de Davangere, je décide de m’accorder une petite excursion, une colline semble offrir une belle vue sur le paysage semi désertique. Apres quelques centaines de mètres, le chemin de terre s’arrête. Pas moi, je poursuit ma route bondissant de pierre en pierre, rebondissant sur la selle tel un sac de patate a l’arrière d’une charrette. Apres avoir trouve l’endroit idéal pour une photo je stoppe et décide que gravir la colline sera pour un autre jour. Des bergers approchent, curieux de voir ce qui vient troubler la tranquillité de l’endroit. Apres leur avoir offert un peu d’eau, nous discutons un peu, je parviens a sortir quelques phrases en Kannada, la langue locale et comprendre leurs questions. Un belle rencontre ma foi.

Antagonisme de deux mondes **

Autoroute pour l’enfer

Tard le matin, je me décide a quitter Davangere. Une fleur accrochée a l’avant de la Bullet, je peine a retrouver la route principale puis je constate que les travaux sont beaucoup moins avances sur cette portion que sur celle du jour précédent. L’avenir dira qu’on peut toujours trouver pire. Bref, La bonne route continue jusqu’aux environs de Dharwad ou il me faut virer vers l’ouest en direction de Goa et dire au revoir a l’autoroute.

Apres avoir bien ri quand le jeune garde au paysage m’a demande 80 roupies (alors que 10km plus tôt, un panneau spécifiait que le paysage ne s’appliquait qu’aux voitures et camions), il m’a fallu me rendre a l’évidence, les derniers 160km vont s’avérer plus que difficiles. Une route défoncée, avec des trous gros comme des puits, parfois même pas de goudron entre les trous (oui, on peut appeler ça un chemin de terre). Si bien que je me demandai si c’était bien la bonne route. Mais si, les bornes kilométriques, les panneaux, la direction, le soleil, tout concordait.

Pour résumer la géologie de la pointe sud de l’Inde, la partie centrale est située sur un plateau a environ 1000m d’altitude. Les cotes longent ce qu’on appelle les Ghats (par analogie a la forme des gradins qui bordent les fleuves dans les villes et qui permettent l’accès au bord de l’eau). Les Ghats possèdent de denses forets pluviales, une jungle épaisse et sombre.

Au beau milieu des Ghats, la moto a commence a se comporter bizarrement : plus rien. Comme si la bougie n’allumait plus le mélange, comme si on coupait le contact en roulant. Apres quelques minutes de pause, elle redémarrait au 1/4 de tour et c’était reparti pour 7 ou 8 kilomètres pour avoir ensuite le même problème. Je ne sais toujours pas ce qui s’est passe. Je pense a une surchauffe vu que le problème a disparu a la nuit tombée : il faisait sacrement frais la nuit alors que la journée a été rude a plus de 35 ou 40 degrés.

La nuit tombée, après 9 heures épuisantes sur la route, la cote s’est dessinée marquant la fin d’une route épuisante tant moralement et mentalement que physiquement.

Victoire, j'en suis sorti indemne ... * ... m'enfin ... presque !! *

En l’absence de carte il fallait maintenant arriver a trouver ce petit village appelé Palolem, au sud de Goa. Cela a pris une heure mais cela valait le coup puisque le lendemain j’ai découvert les paysages suivants …

Ah la plage, les cocotiers, le sable blanc, le ciel bleu ** Un beau coucher de soleil **
Un beau coucher de soleil (bis) **

* photo (c) Benjamin Wagner
** photo (c) Vincent Prat

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